Peu importe le nom que nous attribuons au génocide perpétré par les Nazis envers les Juifs, les Tziganes, les homosexuels et les handicapés est une chose que ne doit jamais pouvoir se reproduire, pourtant aujourd'hui encore nous constatons l'existence de conflits ayant pour cause la religion, « la race » ou l'ethnie...
Nous avons donc eu l'honneur de visiter les camps, accompagnés de déportés ayant survécu à ce massacre. Ils nous ont confié le devoir d'entretenir la mémoire de la Shoah auprès de nos amis, nos familles...
En effet la seule manière de sensibiliser, en particulier les jeunes serait de faire visiter un camp d'extermination. Ceci étant impossible je vais donc essayer de retranscrire mes sentiments durant la visite même si les jours suivant la visite ont été les plus durs pour moi.
Arrivés en Pologne, nous avons pris le car en direction du camp. Pendant le trajet, nous avons vécu notre premier grand moment : Ginette Kolinka nous a raconté son vécu durant la seconde guerre mondiale, de son arrestation jusqu'à sa sortie du camp.
Pour moi le plus marquant a été lorsqu'elle racontait le transport des Juifs dans les wagons à bestiau, mourant de fin, n'en voyant plus le bout...
Une fois, le train étant bloqué un SS les avait laissé sortir, la première chose qu'ils avaient faite a été de manger l'herbe présente a coté des rails et de boire de l'huile de vidange qu'ils ont trouvé pour essayer de survivre.
Une fois arrivés au camp d'Auschwitz l'ambiance festive de l'avion s'est vite dégradée lorsque nous sommes rentrés, voyant l'immensité du camp, recouvert par la neige. Lorsque nous marchions sur le chemin principal, Mme Kolinka nous dit que c'est elle qui avait en partie amené les pierres sur lesquelles nous marchions. Je vous laisse deviner l'effet que cela m'a produit...
Charles Zelty nous fit un discours très émouvant sur la mémoire que nous nous devons d'entretenir, étant la dernière génération à pouvoir bénéficier de leur témoignage. Une minute de silence fut observée.
La suite de la visite fut aussi triste : les chambres à gaz, les fours crématoires... Tant d'images qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire.
Le caractère industriel de l'extermination des juifs m'est tout de suite venu à l'esprit : une usine de la mort où les ouvriers sont les futures victimes...
Lors de la visite d'Auschwitz I, les endroits les plus marquants étaient le mur des fusillés, en effet l'image de l'officier allemand tirant une balle dans la tête du condamné m'est tout de suite apparue en le voyant ; la cellule du prêtre m'a aussi beaucoup impressionnée par le courage qu'il a eu.
Les montagnes de chaussures, de lunettes ou encore de cheveux retranscrivent bien l'immensité du nombre de Juifs exterminés, je pense d'ailleurs que c'est l'un des moments ou l'on se rend compte que tous y passaient, un jour ou l'autre...
Enfin les chambres à gaz étaient vraiment choquantes, dès que l'on pénètre à l'intérieur on se sent tout de suite étouffé, on s'imagine au milieu de femmes d'enfants et d'hommes entrain d'agoniser, leurs poumons se remplissant d'un gaz qui servait au départ à tuer la vermine. Juste au dessus se situe une potence pour les exécutions individuelles à coté des cheminées.
Les jours suivant ont été les plus durs, pour moi tout comme pour mes camarades, du moins je le pense... La première nuit m'a permis de faire le tour de tout ce que j'avais vu, ressenti et imaginé. Le lendemain lors du briefing organisé par notre professeur tout le monde avait les larmes aux yeux, tout comme je les ai en écrivant ce texte qui je l'espère marquera son lecteur...
